La robe verte
Ce jour-là, je suis allée au magasin de seconde main avec mon père. Il y a deux magasins que j’apprécie. Le premier, au kilo, un peu moins organisé, où il faut fouiller. Ça me donne l’impression de partir à la chasse au trésor. Et puis il y a le deuxième, plus organisé, qui me fait penser à une ruche d’abeilles. Les bénévoles parcourent le magasin pour trier, arranger les rayons, rhabiller les mannequins…
J’ai montré à mon père le rayon hommes, puis je me suis dirigée vers les vêtements pour femmes. J’ai vu plein de couleurs, de motifs, un peu trop de stimuli. Alors, j’ai utilisé mes doigts pour me guider. J’ai senti du polyester, encore du polyester… puis quelque chose de doux. J’ai vu un tissu vert pomme avec des feuilles blanches et noires. C’était une robe.
J’avais envie de l’essayer, mais j’ai été prise au piège de l’étiquette : je l’ai jugée trop grande, sans même l’essayer. Je me suis détournée vers d’autres rayons, mais la belle couleur verte me restait en tête. Alors, après hésitation, je me suis dit que je n’avais rien à perdre, après tout. Une fois en cabine, elle était grande mais la ceinture changeait tout.
J ‘étais heureuse d’avoir osé.
Une (souris) robe verte
Une robe verte
Reposait, inerte
Je m’approche, la touche un peu
Intriguée, je lève les yeux
Un tissu fragile
Des couleurs subtiles
Si belle, si colorée
Que je voudrais l’essayer
Je regarde l’étiquette,
Elle me dit « t’es trop fluette »
Je regarde le matériau
Il me dit que c’est trop beau
Je n’écoute pas ma tête
Et en cabine je l’essaie quand même